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Le crapaud commun - Bufo bufo

Crapaud commun © Ludovic JouveCrapaud commun © Ludovic JouveCrapaud commun © Ludovic Jouve

Locataire fragile de nos plans d’eau

Le Crapaud commun est certainement le plus connu des amphibiens, mais aussi le plus injustement détesté. Il présente de grosses glandes derrière les yeux : les glandes parotoïdes qui secrètent une substance toxique pour le protéger des prédateurs. L’absence de ligne claire sur son dos et son iris rouge cuivré à orange le distinguent du Crapaud calamite.

Ce crapaud se nourrit principalement de petits invertébrés qu’il chasse la nuit, par temps doux et pluvieux. Il occupe les régions riches en plans d’eau stagnante, comme les étangs et les grands réservoirs, où il se reproduit. Il peut également pondre dans les bras morts, les mares et plus rarement dans les petites rivières. Mais le crapaud commun passe très peu de temps dans l’eau, deux ou trois semaines tout au plus ! Le reste de l’année, il s’abrite dans les boisements, les haies, les friches, les jardins voire les zones rocheuses.
Commun partout en France, ses populations sont moins prolifiques qu’autrefois. La régression générale des amphibiens en France s’explique principalement par la disparition ou la dégradation des milieux aquatiques ainsi que par la circulation routière.

Comment se reproduit-il ?

Des rassemblements impressionnants ont lieu en fin d’hiver ou début de printemps, dans les zones de reproduction. En quelques jours, plusieurs milliers d’individus se regroupent pour s’accoupler et pondre de longs cordons de plus de 5 000 oeufs que les femelles enroulent parmi la végétation aquatique. La frénésie s’achève rapidement et tout le monde se disperse. Les têtards se métamorphosent entre la fin du printemps et le début de l’été, puis ils migrent. Ces spectaculaires migrations sont parfois qualifiées de « pluie de grenouilles».

Une migration de tous les dangers

Pour sortir de leur cachette hivernale et rejoindre leur site de reproduction, parfois éloignés de plusieurs kilomètres, les amphibiens parcourent de longs trajets nocturnes semés d’obstacles, dont les plus dangereux sont les routes. Sur les voies les plus fréquentées, plusieurs centaines de grenouilles, crapauds, tritons ou salamandres peuvent se faire écraser en une nuit ! Nos axes de communication infranchissables ont aussi un effet indirect en coupant les corridors écologiques, isolant et affaiblissant ainsi les populations. Plusieurs actions de protection sont mises en place pour protéger ces espèces de la circulation automobile et leur permettre de rejoindre leurs sites de reproduction en toute sécurité :

- Des barrières d’interception temporaires, associées à des seaux enterrés, peuvent être placées le long des routes. Les amphibiens bloqués par la barrière tentent de la contourner puis tombent dans les seaux. Des bénévoles assurent la relève des seaux chaque jour, comptent puis relâchent les amphibiens de l’autre côté de la route ;

- Des ramassages manuels peuvent être effectués lors des soirées favorables à la migration des amphibiens ;

- Crapauducs : ce sont des passages sous les voies.

Mène l’enquête !


Tu as certainement déjà vu des crapauds communs près de chez toi ou lors de tes balades. Aide-nous à recenser l’espèce et à compléter sa carte de répartition en Bourgogne ! Les observations sur les routes aident aussi à mieux connaître les zones d’écrasement.
Rends-toi sur www.bourgogne-nature.fr et participe aux E-Observations, chacune de tes observations est validée par des experts. Dans "Plus d’options", pense à cocher la case "Présence d’individus sur route" ! Tu participes ainsi à l’inventaire régional de la Nature et tes observations nous permettent d’étudier la dynamique des populations, leur répartition sur le territoire, etc., que ce soit à la campagne ou en ville.

Crapaud commun © Gilles Macagno

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