Découverte du métier de technicienne de rivière

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Technicienne de rivière

Entretien avec Julie Morisson

Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste le métier de technicienne de rivière ? Quelles sont vos missions à ce poste ?

J’ai plusieurs missions. La première et la principale est la mission «ripisylves» (haies de berges), dont l’objectif est de concilier agriculture et protection des cours d’eau. J’interviens notamment auprès des éleveurs afin qu’ils puissent exercer leurs activités tout en minimisant les impacts potentiels sur les cours d’eau (piétinement bovin, érosion...). Pour cela, nous leur proposons l’installation gratuite et non obligatoire de clôtures et d’ouvrages d’abreuvement et de franchissement. Le bétail peut ainsi consommer de l’eau plus propre et paître sans dégrader les cours d’eau. Depuis le début du Contrat Territorial en 2011, nous avons travaillé avec 52 personnes, dont 18 en 2016. La deuxième mission concerne la continuité écologique. Chaque année nous intervenons sur quatre à six obstacles répartis sur deux rivières. L’objectif est de réouvrir les rivières à la libre circulation de la faune (notamment des poissons) et des sédiments. Nous enlevons ou aménageons certains petits ouvrages, comme les buses. Quant aux ouvrages plus gros de type barrages, ma collègue Animatrice du Contrat Territorial s’en occupe. La troisième mission consiste à restaurer une vingtaine de mares à Brazey-en-Morvan pour améliorer leur fonctionnement et rendre le milieu plus accueillant pour la faune, les Amphibiens en particulier, dont le Triton crêté qui est l’espèce phare. La dernière mission vise à mieux connaître les étangs du Morvan. J’interviens aussi auprès des communes et des élus pour présenter le Contrat Territorial.

Qu’est-ce qui vous a conduit à faire ce métier ?

Dans le cadre d’un travail saisonnier à la Ville de Poitiers, j’ai participé à l’arrachage de plantes invasives qui poussaient dans les cours d’eau. Par la suite, j’ai été chef d’équipe de terrain : je dirigeais une équipe pour réaliser des travaux sur les cours d’eau. Les circonstances ont fait que je suis devenue technicienne de rivière, j’ai acquis des compétences sur la dynamique des cours d’eau, en hydrologie etc. L’avantage de ce métier est que les problématiques de l’eau sont partout mais différentes selon la taille des cours d’eau.

Où travaillez-vous ? La part de travail sur le terrain est-elle importante ?

Je suis très souvent sur le terrain au contact avec le monde agricole, les parts administrative et rédactionnelle sont plus modérées. Je fais du terrain dans le Morvan et sur le territoire du Contrat Territorial Sud Morvan, c’est-à-dire dans les communes situées dans les bassins versants des cours d’eau du Morvan liés à la Loire.

Quelle formation avez-vous suivi pour travailler dans ce domaine ? Quel est votre parcours ?

J’ai fait un Master 2 « Biodiversité et développement durable » à l’université de Perpignan. J’ai ensuite effectué un stage de huit mois en République Tchèque où j’ai travaillé sur l’impact du réchauffement climatique sur la faune aquatique. La recherche ne me plaisant pas, je n’ai pas souhaité faire de thèse et je suis revenue en France pour trouver un travail davantage de terrain. Je suis alors entrée au Parc naturel régional du Morvan.

Avec qui travaillez-vous ?

Au Parc naturel régional du Morvan, je travaille avec les trois animatrices de Contrats Territoriaux (une dépendant de la Loire et deux de la Seine). Avant d’effectuer des travaux, je suis également en lien avec le pôle Natura 2000 du Parc, la Société d’histoire naturelle d’Autun et le Conservatoire Botanique National afin de connaître les espèces présentes sur le site et ne pas impacter le milieu. J’interagis aussi avec les techniciens de rivière des syndicats alentours, les élus, les polices de l’eau, et plus ponctuellement la chambre d’agriculture et les fédérations de pêche.

Quels conseils donneriez-vous aux élèves souhaitant s’orienter dans ce domaine ?

Il faut aimer l’animation, le terrain, le relationnel afin d’amener les personnes à travailler avec nous, le milieu aquatique, et surtout être curieux. C’est je pense le plus important pour réaliser les missions, au-delà des compétences que l’on peut acquérir avec l’expérience.

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