Zygène des Epines (La)

Aglaope infausta (Linnaeus, 1767)

Classification

  • ClasseInsectes
  • OrdreLepidoptera
  • FamilleZygaenidae
  • GenreAglaope
  • Espèceinfausta
  • Nom scientifiqueAglaope infausta
Données de l'espèce

Cartes, phénologie, nombre de données, etc...

Carte de l'espèce

  • Observations communales (toute période confondue)
  • Blanc : aucune observation signalée
  • Bleu : observations validées
  • Gris : observations en cours de validation
  • Rouge : vos observations
Morphologie

Envergure : environ 15 mm

Il n’existe aucun risque de confusion concernant l’adulte, bien caractérisé par l’absence de trompe par la teinte rosée de son collier et des ailes postérieures, et par ses antérieures grises. Cependant, la fugacité de celui-ci et sa ressemblance avec les Adscita et Jordanita au stade imaginal contraignent à se rabattre sur la recherche des chenilles qui sont également très reconnaissables, avec leurs flancs jaunes et le dos noir violacé, différentes de celles de la Turquoise du Prunellier (Rhagades pruni).

Habitat

Aglaope infausta est une espèce thermophile, elle se rencontre en milieux secs. Ce sont les chenilles qui permettent de cerner le mieux la répartition de cette espèce. En effet, elles sont facilement repérables, surtout au dernier stade, sur divers buissons : principalement le Prunellier, mais aussi sur les Aubépines, accessoirement sur les Poiriers et même les Cotonéasters horticoles en zone périurbaine (Fontaine-lès-Dijon, Côte-d’Or). En mai et début juin, la présence des chenilles âgées en groupe entraîne des défoliations caractéristiques sur les petits buissons de Prunelliers des coteaux secs ou les haies délimitant les pâtures ; la sévérité de cette attaque menace même les larves, alors affamées, et perturbe les repousses des petits buissons soumis au stress estival, qui restent dénudés et meurent par placettes d’aspect caractéristique.

Reproduction

Les éclosions sont parfois massives mais souvent très locales, voire discrètes, avec parades et accouplements immédiats. La ponte s’effectue en amas. Espèce univoltine, elle apparaît entre fin juin et fin juillet. Les chenilles sont observées exceptionnellement en septembre, puis durant tout le mois de mai, et jusqu’à la mi-juin, au dernier stade, pour les retardataires.

Régime alimentaire

Les chenilles dévorent les plantes hôtes, l'adulte ne fréquente pas les fleurs.

Relation avec l’homme

La Zygène des Épines est considérée par l’UICN comme quasi menacée en Bourgogne et plus largement en Europe, ses populations montrent depuis quelques années des signes de régression qui suggèrent un passage prochain dans une catégorie de vulnérabilité plus affirmée. L’entretien excessif des haies de prunellier entraîne non seulement l’altération de la plante-hôte (souvent au bénéfice de végétaux à croissance plus rapide), mais détruit évidemment les populations de chenilles. Les petites colonies implantées en contexte agricole sont de plus très sensibles à l’usage des produits phytosanitaires par pulvérisation directe ou par retombées indirectes. Les petits prunelliers en taillis défoliés sont caractéristiques sur certaines côtes calcaires ; les attaques par les chenilles de cette Zygène limitent d’ailleurs fortement leur croissance localement, ce qui peut freiner la prolifération excessive de cette plante souvent envahissante. Les haies séparatives subsistant entre certaines parcelles agricoles devraient faire l’objet d’une gestion alternée assurant le maintien de zones non taillées certaines années.

Réseau trophique

Les papillons sont les proies de nombreux insectivores, ils peuvent être consommés par d’autres insectes et des oiseaux par exemple.

Répartition géographique

La Zygène des Épines est une espèce d’origine atlanto-méditerranéenne, donc d’affinités clairement méridionales, absente de Franche-Comté (mais se retrouvant ponctuellement en Allemagne, en Rhénanie). En Bourgogne, elle est particulièrement bien notée dans les zones ouvertes montueuses au sous-sol cristallin, les zones d’élevage, et aussi sur les côtes calcaires les mieux exposées, y compris en haut de côtes, de falaises, dépassant les 500 m d’altitude. Ce papillon ne transgresse pas vers le nord la limite du centre de la Côte-d’Or. Il se retrouve dans l’Yonne, de façon plus localisée, en ne dépassant pas Auxerre ; il est très bien recensé en Saône-et-Loire, au climat plus doux. L’espèce est absente du Morvan, dont le climat ne lui convient pas.

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Bibliographie Zygène des Epines (La)

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